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Rhinoplastie réparatrice

Le Dr DURBEC travaille depuis plusieurs années avec le Pr DISANT et l’équipe CNRS de l’IBCP (Institut de Biologie et de Chimie des Protéines) du Dr Frédéric Mallein-Gérin sur un projet d’Ingénierie tissulaire du cartilage nasal. Ce projet a d’ailleurs été le sujet de thèse de médecine du Dr DURBEC, ainsi que son sujet de Master 2. Il a été couronné de plusieurs prix (Fondation des Gueules Cassées, projet Cible de la région Rhône-Alpes) et a fait l’objet de publications scientifiques. Le principe est de pouvoir réaliser la culture in vitro de cartilage nasal à partir d’un prélèvement biopsique de petite taille.

Etat actuel de la reconstruction nasale

Le nez, du fait de sa position centrale au niveau de la face, joue un rôle essentiel dans l’harmonie et l’éclat du visage. Toute anomalie le concernant sera visible, évidente avec des répercussions sur le plan affectif mais aussi relationnel et même professionnel. Restituer un nez « normal » à des personnes vivant depuis des années avec une déformation de celui-ci peut constituer une étape dans leur resocialisation.

L’anatomie du nez est complexe ainsi la reconstruction de la charpente cartilagineuse après amputation totale ou partielle de la pyramide nasale (d’origine carcinologique, traumatique ou congénitale) ou dans le cadre d’une rhinoplastie esthétique demeure un défi chirurgical. En effet, si un certain nombre de tissus et d’organes régénèrent naturellement à la suite d’un accident (par exemple la partie épidermique de la peau, le foie) la plupart des tissus dont le cartilage ne se régénère pas et le procédé naturel de réparation résulte en un tissu cicatriciel. L’attitude actuelle de reconstruction est d’utiliser des greffons cartilagineux autologues d’origines diverses (septale mais aussi auriculaire ou costale) qui ont pour but de restituer une anatomie physiologique.

L’inconvénient de ces greffons est leur quantité limitée, aboutissant parfois à des reconstructions incomplètes et non anatomiques. Depuis quelques années, des implants synthétiques sont utilisés. Ils permettent d’apporter la quantité de matériel nécessaire à une réparation de qualité tout en facilitant les procédés de reconstruction. Néanmoins, leurs complications ne sont pas anodines : de nombreux cas d’infection, d’exposition, d’extrusion ont été décrits. L’implant idéal, dans le cadre de la reconstruction nasale, serait à la confluence de ces deux procédés : un implant préformé sur mesure, sans limitation en terme de quantité, qui soit parfaitement bio-intégré. Pour cela, il est nécessaire de travailler au développement d’un implant possédant des propriétés biologiques et mécaniques proches de celles du cartilage natif en faisant appel aux techniques d’ingénierie tissulaire.

Principe de l’ingénierie tissulaire du cartilage

Le concept d’ingénierie tissulaire repose sur la combinaison d’un biomatériau, support résorbable, à des cellules compétentes et des facteurs solubles, dans le but de développer des substituts biologiques capables de réparer un tissu ou de restaurer une fonction tissulaire. Les travaux d’ingénierie tissulaire du cartilage ont vu le jour dans les années 90. Il repose sur le principe d’amplifier un prélèvement biopsique de cartilage autologue afin de reconstituer in vitro un implant qui aurait une forme prédéterminée, adaptée au geste chirurgical, sans limitation en terme de quantité et qui serait biocompatible.

L’objectif de notre programme est de développer une nouvelle technologie de réparation du cartilage nasal, en associant des chondrocytes, des facteurs de croissance et un biomatériau composite (hydrogel/Medpor®), pour fabriquer une maquette cartilagineuse prête à être implantée. Nous utilisons le Medpor®, un biomatériau en polyéthylène disponible dans le commerce, ayant déjà un long historique d’utilisation en implant facial. L’avantage du Medpor est qu’il peut se sculpter à façon, et ainsi être pré-moulé selon une taille et une forme souhaitée, ce qui est parfait pour reconstruire les cartilages du nez. Nous tirerons profit du fait que ce biomatériau présente de larges pores pouvant être très facilement colonisés par une suspension d’hydrogel/chondrocytes.

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